En bref : L’acquéreur non professionnel dispose d’un droit de rétractation après un compromis de vente, lui permettant de revenir sur sa décision sans justification dans un délai imparti.
- Ce droit est encadré par l’article L271-1 du Code de la consommation.
- Il concerne les immeubles à usage d’habitation et s’applique aux acquéreurs non professionnels.
- Le délai de rétractation est de dix jours francs, incluant week-ends et jours fériés.
- Le délai débute le lendemain de la première présentation de la notification de l’acte à l’acquéreur.
- Ce droit ne s’applique pas à l’acte authentique de vente ni aux acquisitions par des professionnels ou certains biens non résidentiels.
Introduction : Le droit de rétractation après un compromis de vente
Le compromis de vente représente une étape cruciale dans un projet d’acquisition immobilière, engageant à la fois le vendeur et l’acheteur. Toutefois, la loi offre à l’acquéreur non professionnel un droit de se rétracter après un compromis de vente, lui permettant de revenir sur sa décision dans un délai imparti et sans avoir à justifier sa décision. Ce droit est encadré par des règles strictes définies par le Code de la consommation, visant à protéger l’acheteur. Il est essentiel de bien comprendre ces mécanismes pour éviter toute mauvaise surprise ou préjudice financier.
Ce droit de rétractation est une protection majeure, mais son exercice doit respecter des formalités précises. Nous allons détailler ensemble les conditions, les délais et les démarches à suivre pour une rétractation effective et conforme à la législation en vigueur.
Les fondements légaux du droit de rétractation en immobilier
Le droit de rétractation en matière immobilière est une disposition légale majeure, instaurée pour protéger l’acquéreur non professionnel. Ses bases sont principalement ancrées dans le Code de la consommation, et plus spécifiquement à l’article L271-1.
L’article L271-1 du Code de la consommation : la pierre angulaire
L’article L271-1 du Code de la consommation stipule clairement que « pour tout acte ayant pour objet l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation, non professionnel, l’acquéreur non professionnel peut se rétracter dans un délai de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte ». Cette disposition est fondamentale et s’applique à la majorité des transactions immobilières impliquant un particulier en tant qu’acheteur.
- Acquéreur non professionnel : Cette protection est réservée aux personnes physiques qui achètent un bien immobilier pour leur usage personnel (résidence principale, secondaire, investissement locatif) et non dans le cadre de leur activité professionnelle (par exemple, un marchand de biens).
- Immeuble à usage d’habitation : Le droit de rétractation concerne les biens immobiliers destinés à l’habitation, qu’il s’agisse d’un appartement, d’une maison individuelle, ou même d’un terrain à bâtir si l’intention d’y construire une habitation est clairement établie.
- Notification de l’acte : Le délai de rétractation ne commence à courir qu’après la notification en bonne et due forme du compromis de vente (ou de la promesse de vente) à l’acquéreur. Cette notification est généralement effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par tout autre moyen présentant des garanties équivalentes (remise en main propre contre récépissé, acte d’huissier).
Les actes concernés par le droit de rétractation
Le droit de rétractation s’applique principalement aux avant-contrats immobiliers, c’est-à-dire les actes qui précèdent la signature de l’acte authentique de vente chez le notaire. Il s’agit notamment :
- Du compromis de vente (ou promesse synallagmatique de vente)
- De la promesse unilatérale de vente
Il est crucial de noter que ce droit ne s’applique pas à l’acte authentique de vente lui-même. Une fois que cet acte est signé, la vente est considérée comme parfaite et définitive (sauf conditions suspensives non réalisées), et l’acheteur ne peut plus se rétracter unilatéralement sans engager sa responsabilité et risquer de perdre les sommes versées.
Exceptions et cas particuliers
Bien que le principe soit général, certaines situations peuvent déroger au droit de rétractation ou en modifier les modalités :
- Acquisitions par des professionnels : Comme mentionné, les acquéreurs professionnels ne bénéficient pas de ce droit.
- Acquisition de certains biens non résidentiels : Les terrains non constructibles, les locaux commerciaux ou industriels ne sont pas couverts par l’article L271-1.
- Vente aux enchères : Les biens acquis lors de ventes aux enchères publiques sont également exclus du champ d’application de ce droit.
- Rétractation du vendeur : Le droit de rétractation est unilatéral et ne s’applique qu’à l’acquéreur. Le vendeur ne peut pas se rétracter après la signature d’un compromis de vente, sauf si des clauses spécifiques ont été prévues à cet effet dans l’avant-contrat (ce qui est rare et doit être négocié).
La compréhension de ces fondements légaux est essentielle pour toute personne souhaitant se rétracter après un compromis de vente en toute sécurité juridique. En cas de doute sur l’application de ces règles à votre situation spécifique, il est toujours recommandé de consulter un professionnel du droit.
Les délais pour exercer la rétractation compromis de vente
Le respect des délais est la condition sine qua non pour exercer valablement son droit de rétractation après un compromis de vente. Toute action entreprise hors de ce cadre temporel sera considérée comme nulle et non avenue, engageant l’acheteur.
Le délai légal de 10 jours
Conformément à l’article L271-1 du Code de la consommation, le délai de rétractation est de dix jours francs. Cela signifie que les jours de week-end et les jours fériés sont inclus dans le calcul du délai.
Point de départ du délai
Le délai de dix jours commence à courir à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception (ou de tout autre moyen équivalent de notification) contenant le compromis de vente (ou la promesse de vente) signé à l’acquéreur. Il est important de noter qu’il s’agit de la date de première présentation, et non de la date de réception effective si l’acquéreur n’est pas présent lors du passage du facteur.
- Exemple : Si la lettre est présentée le 1er du mois, le délai commence à courir le 2 du mois et se termine le 11 du mois à minuit.
- Si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.
Cas particulier de la notification électronique
Bien que la notification par lettre recommandée avec accusé de réception reste la norme, la notification par voie électronique est parfois utilisée, sous réserve de garanties équivalentes à celles du courrier recommandé. Dans ce cas, le point de départ du délai est la date de mise à disposition de l’acte par voie électronique, sous réserve de la preuve de la réception par l’acquéreur.
Calcul précis du délai : pièges à éviter
Le calcul du délai peut sembler simple, mais des erreurs sont fréquentes et peuvent coûter cher. Voici quelques éléments à prendre en compte :
- Jours francs : Ne pas confondre avec jours ouvrables ou ouvrés. Tous les jours calendaires sont comptés.
- Heure de notification : Le délai se termine à minuit le 10ème jour. Il ne s’agit pas de 24h après la notification, mais bien du respect du calendrier.
- Preuve de la notification : Il est impératif de conserver l’accusé de réception ou le récépissé de la remise en main propre, car c’est ce document qui prouvera la date de départ du délai.
Conséquences du non-respect du délai
Si l’acquéreur tente de se rétracter après l’expiration du délai de dix jours, sa rétractation sera considérée comme tardive. Dans ce cas, le compromis de vente reste valide et l’acquéreur est tenu de réaliser la vente. S’il refuse de le faire, il s’expose à des sanctions :
- Perte du dépôt de garantie : Généralement, l’acquéreur perd la somme versée lors de la signature du compromis (souvent entre 5% et 10% du prix de vente).
- Dommages et intérêts : Le vendeur pourrait demander des dommages et intérêts supplémentaires pour le préjudice subi (frais de remise en vente, différence de prix si le bien est vendu moins cher à un autre acquéreur, etc.).
- Exécution forcée : Bien que plus rare, le vendeur peut théoriquement demander en justice l’exécution forcée de la vente, obligeant l’acheteur à acquérir le bien.
Il est donc impératif d’agir avec diligence et de s’assurer du bon calcul du délai si vous envisagez une rétractation. En cas de doute, la consultation d’un avocat spécialisé en droit immobilier peut vous éviter des erreurs coûteuses.
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Les démarches pour une rétractation compromis de vente effective
Exercer son droit de rétractation ne se limite pas à une simple décision. Il s’agit d’une démarche formelle qui doit respecter des règles précises pour être juridiquement valable. Le non-respect de ces formalités peut rendre la rétractation inopérante et maintenir l’acheteur dans son engagement.
La forme de la notification de rétractation
Pour être valable, la notification de rétractation doit être effectuée par un moyen permettant de prouver sa date de réception par le destinataire. Le moyen le plus sûr et le plus couramment utilisé est la lettre recommandée avec accusé de réception.
- Lettre recommandée avec accusé de réception : C’est le moyen privilégié. L’accusé de réception atteste de la date à laquelle le vendeur (ou son représentant, comme le notaire ou l’agent immobilier) a reçu la notification. Conservez précieusement le récépissé de dépôt et l’accusé de réception.
- Acte d’huissier : C’est une méthode encore plus sûre, mais plus coûteuse. L’huissier garantit la date de notification.
- Remise en main propre contre récépissé : Possible, mais moins courante et nécessite une vigilance accrue pour la rédaction du récépissé et la signature des deux parties.
La notification par simple courrier, email sans accusé de réception électronique certifié, ou appel téléphonique ne sont pas des moyens valables pour exercer ce droit.
À qui adresser la notification ?
La notification de rétractation doit être adressée à toutes les parties concernées par la vente, selon les informations figurant sur le compromis de vente :
- Au vendeur : C’est le destinataire principal. L’adresse du vendeur doit figurer sur le compromis.
- À l’agence immobilière : Si un agent immobilier est intervenu, il est conseillé de lui adresser également une copie, même si la notification principale doit aller au vendeur.
- Au notaire : Si le compromis a été signé devant un notaire ou si le notaire est dépositaire des fonds, il est impératif de lui adresser également une copie de la notification. Cela l’informe de votre décision et lui permet de procéder au remboursement des sommes versées.
Il est souvent recommandé d’envoyer la lettre de rétractation à toutes les adresses mentionnées dans le compromis de vente comme étant celles des parties et de leurs représentants.
Contenu de la lettre de rétractation
La lettre de rétractation doit être claire et sans ambiguïté. Elle doit impérativement contenir les informations suivantes :
- Vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse).
- Les coordonnées du ou des destinataires (vendeur, notaire, agence).
- La référence précise du compromis de vente (date de signature, adresse du bien, noms des parties).
- Une déclaration explicite de votre volonté d’exercer votre droit de rétractation, en vous référant à l’article L271-1 du Code de la consommation. Il n’est pas nécessaire de justifier votre décision.
- La demande de restitution des sommes versées (dépôt de garantie, acompte), le cas échéant.
- La date et votre signature.
Voici un exemple de structure pour une lettre de rétractation :
[Vos Nom et Prénom]
[Votre Adresse]
[Votre Téléphone]
[Votre E-mail]
[Nom et Prénom du Vendeur]
[Adresse du Vendeur]
[Nom du Notaire]
[Adresse du Notaire]
[Nom de l'Agence Immobilière] (si applicable)
[Adresse de l'Agence Immobilière]
[Lieu], le [Date]
Objet : Notification d'exercice du droit de rétractation – Compromis de vente du [Date du compromis] concernant le bien situé au [Adresse du bien]
Lettre Recommandée avec Accusé de Réception
Madame, Monsieur le Vendeur,
Maître,
Madame, Monsieur l'Agent Immobilier,
Je soussigné(e) [Votre Nom et Prénom], demeurant à [Votre Adresse], vous informe par la présente de ma décision d'exercer mon droit de rétractation, conformément aux dispositions de l'article L271-1 du Code de la consommation, concernant le compromis de vente signé le [Date de signature du compromis] pour l'acquisition du bien immobilier situé à [Adresse complète du bien immobilier].
Ce droit de rétractation est exercé dans le délai légal de dix jours francs à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée m'ayant notifié cet acte, soit le [Date de première présentation de la lettre de notification du compromis].
En conséquence, je vous demande de bien vouloir prendre acte de cette rétractation et de me restituer l'intégralité des sommes versées au titre de ce compromis de vente, soit [Montant en chiffres] euros ([Montant en toutes lettres]), dans les plus brefs délais et au plus tard dans les vingt et un jours à compter de la présente notification, conformément à l'article L271-2 du Code de la consommation.
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Vendeur, Maître, Madame, Monsieur l'Agent Immobilier, l'expression de mes salutations distinguées.
[Votre Signature]
[Votre Nom et Prénom]
Une fois la notification envoyée, le compromis de vente est anéanti. L’acquéreur est libéré de tout engagement et doit récupérer les sommes versées. Le vendeur ne peut plus le poursuivre pour l’exécution forcée de la vente.
Conséquences de la rétractation et remboursement des sommes
L’exercice du droit de rétractation a des conséquences juridiques et financières importantes pour toutes les parties. Il est crucial de comprendre ce qui se passe une fois la rétractation notifiée.
Effet de la rétractation : anéantissement du compromis
Lorsque l’acquéreur exerce valablement son droit de rétractation dans le délai légal et selon les formes prescrites, le compromis de vente est considéré comme n’ayant jamais existé. On parle d’anéantissement rétroactif de l’acte. Cela signifie que :
- Libération de l’acquéreur : L’acquéreur est entièrement délié de son engagement d’acheter le bien. Il n’a plus aucune obligation envers le vendeur.
- Libération du vendeur : Le vendeur est également libéré de son engagement de vendre le bien à cet acquéreur. Il peut alors remettre le bien en vente.
- Absence de pénalités : L’acquéreur qui se rétracte dans les règles ne peut pas être sanctionné. Il n’aura pas à payer de dommages et intérêts ni à supporter de frais liés à cette rétractation (à l’exception de ses propres frais d’envoi de la lettre recommandée, par exemple).
Il est important de souligner que cette rétractation est discrétionnaire : l’acquéreur n’a pas à justifier les raisons de son changement d’avis. Qu’il ait trouvé un autre bien, qu’il ait des doutes sur son financement, ou pour toute autre raison personnelle, son droit est absolu.
Le remboursement du dépôt de garantie (séquestre)
Lors de la signature d’un compromis de vente, il est d’usage que l’acquéreur verse une somme d’argent, appelée « dépôt de garantie » ou « indemnité d’immobilisation ». Cette somme, généralement comprise entre 5% et 10% du prix de vente, est versée sur un compte séquestre (souvent celui du notaire ou de l’agent immobilier).
En cas de rétractation conforme, l’article L271-2 du Code de la consommation est très clair : « Lorsque l’acquéreur exerce sa faculté de rétractation, toute somme versée d’avance par l’acquéreur à ce titre de l’acquisition est immédiatement restituée à l’acquéreur. »
- Délai de remboursement : La loi impose un délai maximal de 21 jours à compter du lendemain de la date de la rétractation pour que les fonds soient restitués à l’acquéreur.
- Modalités de remboursement : Le remboursement doit être effectué par la personne qui détenait les fonds en séquestre (notaire, agent immobilier). Il est généralement effectué par virement bancaire.
- Absence de pénalités pour retard : Si le remboursement n’est pas effectué dans ce délai de 21 jours, les sommes dues sont productives d’intérêts au taux légal majoré de moitié. Il est donc important de surveiller ce délai et de relancer si nécessaire.
Il est primordial que l’acquéreur conserve toutes les preuves de versement de cette somme initiale (reçu, relevé bancaire) afin de faciliter le processus de remboursement.
Quid des frais engagés ?
Normalement, l’acquéreur qui se rétracte dans les délais ne supporte aucun frais lié à la transaction annulée. Les frais de notaire pour la rédaction du compromis, les honoraires d’agence (si payables à la signature de l’avant-contrat, ce qui est rare), etc., ne lui sont pas imputables.
Cependant, l’acquéreur aura bien évidemment supporté ses propres frais pour l’envoi de la lettre recommandée de rétractation. Il aura également pu engager des frais personnels (par exemple, pour des demandes de devis de travaux, des consultations bancaires) qui ne lui seront pas remboursés, car ils relèvent de sa propre initiative et de son libre arbitre.
En résumé, une rétractation bien menée permet à l’acquéreur de se retirer de la transaction sans aucune perte financière liée au processus d’achat lui-même, si ce n’est le temps et les efforts investis.
Erreurs à éviter lors de la rétractation compromis de vente
Bien que le droit de rétractation soit protecteur, des erreurs peuvent le rendre inopérant ou entraîner des litiges coûteux. Voici les pièges les plus courants à éviter.
Ne pas respecter le délai de 10 jours
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus lourde de conséquences. Dépasser le délai légal, même d’une seule journée, rend la rétractation caduque.
- Comment l’éviter : Calculez très précisément le délai à partir du lendemain de la première présentation de la lettre de notification du compromis. N’attendez pas le dernier moment pour envoyer votre courrier de rétractation. En cas de doute, envoyez-le plus tôt.
Choisir un mode de notification non conforme
Envoyer un simple e-mail, un SMS ou un appel téléphonique ne constitue pas une notification valable.
- Comment l’éviter : Utilisez impérativement la lettre recommandée avec accusé de réception. C’est le moyen le plus sûr pour prouver la date d’envoi et de réception. Conservez précieusement le récépissé de dépôt et l’accusé de réception.
Ne pas adresser la lettre aux bonnes personnes
Oublier d’informer le vendeur, le notaire ou l’agence immobilière (selon les cas) peut entraîner des retards ou des contestations.
- Comment l’éviter : Vérifiez attentivement le compromis de vente pour identifier toutes les parties à informer. Il est souvent recommandé d’envoyer la lettre en plusieurs exemplaires (un au vendeur, un au notaire, un à l’agence immobilière).
Une lettre de rétractation incomplète ou ambiguë
Une lettre qui ne mentionne pas clairement l’intention de se rétracter ou qui ne fait pas référence au bon compromis de vente peut être contestée.
- Comment l’éviter : Reprenez l’exemple de lettre fourni précédemment. Soyez explicite sur votre volonté de vous rétracter, mentionnez l’article L271-1 du Code de la consommation et identifiez précisément le compromis de vente concerné (date, adresse du bien).
Justifier sa rétractation
Bien que cela puisse sembler anodin, justifier les raisons de votre rétractation peut ouvrir la porte à des discussions ou des contestations inutiles. Le droit de rétractation est discrétionnaire.
- Comment l’éviter : N’indiquez aucune raison à votre rétractation dans la lettre. Contentez-vous de déclarer que vous exercez votre droit de rétractation conformément à la loi.
Ne pas suivre le remboursement des fonds
Une fois la rétractation effectuée, il est important de s’assurer que le dépôt de garantie est bien remboursé dans le délai légal de 21 jours.
- Comment l’éviter : Notez la date limite de remboursement. Si les fonds ne sont pas reçus à temps, contactez le notaire ou l’agent immobilier pour demander des explications. En cas de non-remboursement, une relance formelle devra être envisagée.
Confondre le droit de rétractation avec les conditions suspensives
Le droit de rétractation est un droit unilatéral de l’acquéreur de revenir sur sa décision sans motif. Les conditions suspensives (obtention de prêt, vente d’un précédent bien, etc.) sont des clauses du contrat qui, si elles ne sont pas réalisées, entraînent l’annulation du compromis sans pénalité pour l’acheteur.
- Comment l’éviter : Comprenez bien la différence. Si vous êtes dans le délai de rétractation, utilisez ce droit. Si le délai est passé mais qu’une condition suspensive n’est pas réalisée, vous pourrez annuler la vente pour ce motif, mais les démarches et les délais sont différents.
En évitant ces erreurs courantes, vous maximisez vos chances d’exercer votre droit de rétractation de manière efficace et sans tracas.
Quand solliciter un avocat pour une rétractation de compromis de vente ?
Bien que la procédure de rétractation puisse paraître simple en théorie, certaines situations peuvent la complexifier et justifier l’intervention d’un professionnel du droit. Un avocat spécialisé peut vous apporter une expertise précieuse à plusieurs étapes du processus.
Avant la signature du compromis de vente
Même si cela ne concerne pas directement la rétractation, un avocat peut relire le compromis de vente avant sa signature. Il pourra :
- Vérifier la conformité de l’acte : S’assurer que toutes les clauses légales sont présentes et que le compromis est bien équilibré.
- Conseiller sur les clauses suspensives : S’assurer que les conditions suspensives sont bien rédigées et protègent au mieux vos intérêts (par exemple, des clauses de financement claires).
- Expliquer le droit de rétractation : Vous rappeler précisément les modalités et délais pour l’exercer.
Une bonne préparation en amont peut prévenir bien des problèmes futurs.
Lors de l’exercice du droit de rétractation
Si vous décidez de vous rétracter, un avocat peut vous aider à :
- Calculer précisément le délai : En cas de doute sur la date de départ du délai, un avocat pourra l’établir avec certitude, évitant ainsi une rétractation tardive.
- Rédiger la lettre de rétractation : S’assurer que la lettre est juridiquement irréprochable, complète et envoyée aux bonnes personnes, minimisant ainsi les risques de contestation.
- Gérer une situation complexe : Si le compromis présente des particularités (par exemple, plusieurs acquéreurs, bien en indivision, clauses spécifiques), un avocat saura adapter la démarche.
En cas de difficultés ou de litige
C’est dans les situations contentieuses que l’intervention d’un avocat devient la plus indispensable :
- Contestation de la rétractation par le vendeur : Si le vendeur ou son représentant estime que votre rétractation n’est pas valable (délai dépassé, forme non respectée), un avocat pourra défendre vos droits et prouver la régularité de votre démarche.
- Non-remboursement du dépôt de garantie : Si le dépôt de garantie n’est pas restitué dans le délai légal de 21 jours, l’avocat pourra adresser des mises en demeure et, si nécessaire, engager une procédure judiciaire pour obtenir le remboursement des sommes, éventuellement majorées des intérêts.
- Demande de dommages et intérêts par le vendeur : Si le vendeur vous réclame des sommes suite à votre « non-acquisition » (estimant que votre rétractation est abusive ou tardive), l’avocat pourra vous défendre et contester ces demandes.
- Rétractation liée à des vices cachés ou des informations manquantes : Bien que le droit de rétractation soit sans motif, si votre décision est motivée par la découverte de problèmes non divulgués, un avocat pourra évaluer si d’autres recours sont possibles en parallèle ou en lieu et place de la rétractation.
En somme, solliciter un avocat, comme ceux disponibles via IZI Avocat, c’est s’assurer d’une sécurité juridique optimale. Une première consultation gratuite peut vous permettre d’analyser la situation et de déterminer si l’accompagnement d’un professionnel est nécessaire pour votre rétractation compromis de vente.
FAQ : Questions fréquentes sur la rétractation compromis de vente
Comment calculer précisément le délai de 10 jours francs ?
Le délai de 10 jours francs commence à courir le lendemain de la première présentation de la lettre recommandée avec accusé de réception (ou moyen équivalent) vous notifiant le compromis de vente. Tous les jours calendaires sont comptés (y compris week-ends et jours fériés). Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.
Puis-je me rétracter si j’ai déjà signé l’acte authentique chez le notaire ?
Non, le droit de rétractation de 10 jours ne s’applique qu’aux avant-contrats (compromis ou promesse de vente). Une fois l’acte authentique signé chez le notaire, la vente est considérée comme définitive et vous ne pouvez plus vous rétracter unilatéralement, sauf si des conditions suspensives n’ont pas été réalisées ou en cas de vice caché avéré.
Que se passe-t-il si le vendeur refuse de me rembourser le dépôt de garantie après ma rétractation ?
Si votre rétractation est valable, le vendeur (ou le notaire/agent immobilier séquestre) est tenu de vous rembourser le dépôt de garantie dans un délai de 21 jours à compter du lendemain de votre notification de rétractation. En cas de non-remboursement, les sommes dues produisent des intérêts au taux légal majoré de moitié. Il est alors conseillé de mettre en demeure le débiteur par lettre recommandée, et si cela ne suffit pas, d’envisager une action en justice avec l’aide d’un avocat.
Dois-je justifier la raison de ma rétractation ?
Non, la loi ne vous oblige absolument pas à justifier les raisons de votre rétractation. Le droit de rétractation est discrétionnaire. Il est même recommandé de ne pas indiquer de motif dans votre lettre de rétractation pour éviter toute discussion ou contestation inutile.
Le délai de rétractation s’applique-t-il à tous les types d’achats immobiliers ?
Le droit de rétractation de 10 jours s’applique principalement aux acquéreurs non professionnels qui achètent un immeuble à usage d’habitation. Il ne concerne pas les acquisitions par des professionnels de l’immobilier, les achats de terrains non constructibles, de locaux commerciaux ou industriels, ou les ventes aux enchères publiques.
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Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation est unique : pour une analyse adaptée à votre cas, échangez avec un avocat.
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